Les petites farces de la vie

Six Stimulations Simples ; cinq IAC ; trois FIV 
On a souvent envie de crier « Ca suffit maintenant on ne joue plus ! ».
Sauf que ça n’a jamais été un jeu.
C’est juste la vie qui prend des détours dont on se serait bien passés.


Janvier 2014 : enfin, enfin, enfin, le projet bébé est en route. Après des années de patience folle, j’ai l’impression de toucher enfin au but. Si j’avais su que la partie ne faisait que commencer…

Février 2014 : seulement le deuxième cycle, et pourtant, déjà, j’ai l’impression que quelque chose cloche. Tests d’ovulation à l’appui, je découvre que ma phase lutéale dure seulement sept petits jours… Ce qui se confirmera malheureusement au cours des deux cycles suivants.

Mai 2014 : premier rendez-vous avec une gyneco froide comme un Glaçon. Elle me prescrit un premier traitement : trois cycles de progestérone pour espérer allonger ma phase lutéale. Le succès n’est pas au rendez-vous, j’y gagne surtout des règles détraquées…

Septembre 2014 : place aux examens avec un Glaçon qui ne se souvient absolument pas de moi. Nous découvrons lors du bilan de fertilité (échographie endovaginale, prises de sang, spermogramme, hystérosalpingographie) que j’ai des ovaires micro-polykystiques (OMPK). Notre dossier est « léger », rien d’alarmant à signaler, une petite stimulation ovarienne devrait suffire.

Novembre 2014 : début des Stimulations Ovariennes (et des réjouissances). Clomid, Gonal f, Ovitrelle, Utrogestan, Vivelledot… Ces médicaments aux noms charmants vont désormais rythmer mon quotidien. Echos et prises de sang s’enchaînent tous les quinze jours et me font vivre des montagnes russes émotionnelles.

Mars 2014 : Au bout des six mois (six tentatives et six échecs…), je suis épuisée, mais pas le moins du monde enceinte.
Sur les conseils du Glaçon (toujours amnésique malgré nos quelques mois passés ensemble), je me renseigne en parallèle sur notre alimentation et son lien avec notre santé et notre fertilité. Je commence à manger Bio et à regarder avec un peu plus d’attention les étiquettes.

Juin 2015 : rendez-vous dans la clinique PMA que le Glaçon nous recommande : le privé ne nous convient pas, on annule tout et on recommence ! On cherche par nous-mêmes un centre public facilement accessible, de bonne réputation et au délai d’attente raisonnable.

Juillet 2015 : je commence l’Inofolic (un complément alimentaire censé aider la maturation folliculaire) et adapte mon régime alimentaire (manger à indice glycémique bas aiderait aussi mes chers follicules à mieux grandir…). Je deviens dans le même temps quasiment végétarienne. Beaucoup de changements en peu de temps dans mon assiette.

Août 2015 : premier « vrai » rendez-vous PMA. Notre nouveau médecin nous plaît beaucoup : elle est logique, direct et efficace. On ne le sait pas encore, mais contrairement à sa consœur elle ne souffre pas d’amnésie (et ça, ça fait du bien). Sans surprise, elle nous propose une Insémination (IAC).
On profite de la fin de l’été pour compléter notre dossier (en faisant à nouveaux des examens…). La dernière écho en date m’apprend que je ne suis plus OMPK ! J’ai simplement des ovaires en « sur-activités » (en clair, ils ne sont toujours pas normaux, mais plus assez frappadingues pour être officiellement qualifiés de micro-polykystiques). Ma phase lutéale, d’ailleurs, dure désormais dix jours (un net progrès). L’Inofolic serait-il dernière tout ça ?! Je renoue avec l’espoir de tomber enceinte spontanément avant le lancement des IACs à la rentrée. Mais… il faut croire que ça aurait été trop beau.

Mars 2016 : Cinq IAC, cinq échecs. Pourtant, tout est positif sur le papier : mes ovaires réagissent bien, mon endomètre est au top et les recueils de sperme tout à fait honorables. Mais qu’est-ce qui cloche chez nous ?
Sur conseils de notre Gynéco PMA, nous abandonnons les IAC et nous préparons à vivre notre première FIV.

Mai 2016 : FIV1 (FIV Classique avec protocole court – Provames et Gonal f). Sur 15 ovocytes ponctionnés, 11 sont matures et 7 seulement sont fécondables. On obtient 5 embryons ; 2 me sont transférés à J2. Pas de grossesse, pas d’embryons congelés.
La qualité ovocytaire est clairement au cœur du problème. Nous retenterons notre chance à l’automne avec une nouveau protocole, en espérant que mes ovaires fassent  cette fois des ovocytes qui tiennent la route.

Octobre 2016 : FIV2 (FIV ICSI avec protocole long – Decapeptyl et Menopur). 16 ovocytes ponctionnés, dont seulement 9 matures et fécondables qui donneront 7 embryons ; 2 me seront transférés à J2. Même joueurs jouent encore : pas de grossesse, pas d’embryons congelés.
La qualité des ovocytes n’est cette fois pas remise en cause par notre médecin qui considère qu’il y a un net progrès. Elle trouve que ce protocole me correspond bien et programme une FIV3 similaire pour début 2017.
Mais le petit nombre d’ovocytes matures et la mauvaise qualité des embryons obtenus nous laissent un peu dubitatifs. Avant de retenter notre chance, nous prenons rendez-vous ailleurs pour un deuxième avis.

Janvier 2017 : le deuxième avis est sans appel : il y a un vrai problème quant à la qualité des embryons. On peut continuer les FIV au petit bonheur la chance en espérant que ça marche enfin ou… investiguer. Evidemment, on choisit d’investiguer. Nous voilà donc (re)partis pour deux mois d’examens auprès de notre nouvelle équipe de choc.

Février 2017 : pour la première fois en trois ans, un test de grossesse est positif ! Le bonheur est de courte durée, mais cette fausse couche précoce nous plonge dans une heureuse incrédulité : enfin il s’est passé quelque chose dans mon ventre, et sur cycle naturel en plus ! Nous renouons avec l’espoir (et ses inévitables montagnes russes). En parallèle, nous nous enfonçons dans les méandres des examens (et ses inévitables gouffres de frayeur).

Mars 2017 : l’heure est enfin au bilan de tous les examens passés : Il semblerait que pendant toutes ces années, j’ai été cataloguée à tord OMPK… J’ai en fait une déficience en LH qui perturbe la maturation ovocytaire.
On a découvert du côté de Psychoti une varicocèle à embolir (opération suivie d’une pause de deux mois et demi avant toute nouvelle tentative). Passé ce délai, nous pourrons tenter une FIV3 sur mesure pour mes hormones détraquées.

Avril 2017 : embolisation de la varicocèle.

Juin 2017 : FIV3 (FIV ICSI avec protocole court – Provames, Gonal f et Luvéris). 9 ovocytes ponctionnés, 7 micro-injectés qui donneront 4 embryons J5 de mauvaise qualité : intransférables et incongelables. Pas de transfert, pas d’embryons congelés, et comme une impression de déjà vu.
Notre médecin considère qu’il vaut mieux arrêter les FIV : les stimulations fatiguent mes ovaires plus qu’autre chose et ne nous permettent d’obtenir que des ovocytes médiocres. Contre toute attente, elle pense que mes ovocytes sont peut-être de meilleure qualité sans traitement, et que c’est peut-être tout autre chose qui bloque sur cycle naturel. Et si depuis le début on ne s’était pas focalisés sur le bon problème ? Elle nous parle de cœlioscopie diagnostique ; nous pensons don d’ovocytes. Nous avons l’été devant nous pour réfléchir à tout ça.

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8 réflexions au sujet de « Les petites farces de la vie »

  1. bonjour
    alors on a quasi le même parcours mais avec un an de décalage,je viens de commencer inofolic je dois vérifier d’abord si j’ai des polypes (suspicion suite à une hystéro)
    par contre moi pas de clomid on passera directement aux injections de gonado et ovitrelle avec un test de Hunell pour verifier ma glaire sinon c’est les IAC.
    je voulais savoir a aucun moment tu n’as eu de grossesse mais qui n’a pas perduré?

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    1. Bonjour ! Déjà bon courage pour le parcours qui s’annonce… Tu as l’air bien suivi, avec les examens préventifs qu’il faut c’est rassurant !
      Pour ma part, non, jamais d’accroche, jamais l’ombre d’une grossesse en vu… Pourquoi cette question ?

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  2. je me posais la question , avec un traitement qui donne de bons follicules et une bonne ovulation avec tout ça ya toujours pas d’accroche ca me fait un peu flipper.
    J’ai comme la sensation que oui il y a des bons traitements mais malgré ça la nature décide tjs de faire ce qu’elle veut on n’a pas vraiment de contrôle sur elle, et que le chemin sera long.
    Ma tante a eu son fils au bout de 9 ans et ça me tétanise ce tps d’attente
    Et c’est vrai que mon médecin est top je suis vraiment pas déçue, toute l’équipe est sympa et essaie de me motiver mais avant de la trouver je suis passer par des cancres bien sur

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    1. 6 stimulations et 5 IAC plus tard… Moi aussi ça me fait flipper 😉 et quand les médecins te souhaitent « bonne chance » à chaque tentative… là encore ça me fait flipper ! Car effectivement, la médecine ne maîtrise et ne résout pas tout malheureusement… Bon courage à vous, j’espère que vous serez du bon côté des statistiques et que vous deviendrez vite des parents comblés 🙂

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  3. Bonjour Psychota!
    Je croise les doigts de tout coeur pour toi!
    J’ai été diagnostiquée OPK il y a 2 jours, suite à l’arret de la pilule il y a 4 mois donc gros choc… Je t’admire pour tout le courage que vous avez eu ces dernières années! Tiens-nous au courant, on t’envoie plein de bonnes ondes et on te souhaite plein de bonheur pour la suite 😉

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