Blog PMA·La vie d'après

{Epilogue} Et puis finalement le bonheur

Le Chat m’a ignorée pendant trois semaines après mon retour de la maternité. Elle me reniflait puis s’éloignait d’un air dédaigneux. La dessus, nous avons déménagé, ce qui a du achever de la convaincre que tout partait à vau-l’eau et que nous étions des traîtres.
Il aura finalement fallu trois mois pour que je la retrouve telle que je l’ai toujours connue. Câline, ronronnante, présente. Trois mois, c’est long. Les amoureux des chats comprendront mon désarroi si je leur dis que j’ai bien cru la perdre pour toujours…

La maison n’est pas parfaite et ne pourrait actuellement pas figurer dans un magasine déco (et le jardin n’en parlons pas…). Mais c’est notre maison. Et on est bien dedans. Et comme dit Psychoti, « Ne soit pas si impatiente, une maison, c’est aussi le projet d’une vie ». Et quand je l’entends dire des choses comme ça, mon cœur tambourine.

Après une petite période de flottement suite au combo naissance / travaux / déménagement, Psychoti et moi avons recommencé à nous taquiner mutuellement et rire l’un de l’autre. Preuve s’il en faut que tout va pour le mieux entre nous.
Coté libido, je ne vous cacherai pas que depuis la grossesse ce n’est pas vraiment ça… Mais c’est comme le reste, j’imagine qu’avec un peu de temps ça reviendra (je l’espère en tout cas !)

Je fais des projets à long terme. Chose qui ne m’était pas arrivée depuis… Vous savez bien. La PMA, tout ça… J’ai encore un peu de mal, j’ai perdu l’habitude. Mais le brouillard s’est enfin dissipé. Et à chaque fois que je le réalise, ça me fait comme un coup de chaud.

J’ai retrouvé une vie sociale normale (excepté le fait que j’ai une Everest collée à moi ! Mais ça, c’est une autre histoire…). Il n’y a plus de gang de mamans à fuir, de conversations à éviter, de situations qui me retournent le ventre.
Enfin si, voir que les autres font des enfants sans se poser de questions, comme on passe chercher le pain… Ca me serre toujours autant le cœur. Le sentiment d’injustice face à tant de facilité demeure.
Et les questions sur le petit deuxième font mal aussi. Parce que quelque part ça reste pour nous un non-choix. C’est pas le deuxième enfant dont on ne veux pas, c’est revivre des années de PMA…

Je me rends compte de tout ce que j’ai manqué au cours des cinq années passées. A quel point mon entourage m’a protégé, à quel point les conversations étaient filtrées. Je les en remercie car sur le coup, tout a été tellement plus facile à vivre pour nous. Mais à avoir été si bien protégée, je suis aussi passée à coté de tant de choses… L’infertilité nous a encore plus volé que ce que je ne soupçonnais. Il y a des fossés que je ne suis pas sure de pouvoir un jour combler.

Je pense rarement au don et à notre donneuse. Quand je regarde Everest… et bien je vois Everest, tout simplement. Et quand on me demande avec insistance à qui elle ressemble le plus, je réponds qu’elle est unique et qu’elle ressemble surtout à elle-même.
J’espère juste que quand elle sera en âge de comprendre tout ça, elle le vivra bien. C’est l’anonymat qui me tracasse surtout. Et si elle ressentait le besoin de connaitre ses origines génétiques un jour, comment l’aider ?

Everest est merveilleuse. Elle ne fait rien de plus ni de moins que les autres bébés, mais c’est notre bébé à nous et de fait, tout ce qu’elle entreprend nous fascine, le moindre de ses sourires nous retourne le cœur.
J’aimerai la garder toute petite et ne pas perdre une miette d’elle bébé. Et en même temps j’ai hâte de la voir grandir, évoluer, de voir quelle petite fille elle va devenir. J’ai hâte de la vie qui nous attend… Et ça aussi, c’est vertigineux de bonheur après cinq années à ne vivre que dans le présent.

18 réflexions au sujet de « {Epilogue} Et puis finalement le bonheur »

  1. Merci d avoir décrypté ce qui s est passé pr toi depuis l arrivée d everest , et notamment sur le fait du don . Je me pose aussi bcp cette question . Quoi faire , lui dire , pas dire ,pourquoi , et si on le dit etc etc … Ce sont de vraies questions .

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    1. Pour nous ca a toujours été une évidence de lui dire. Et je pense qu’on lui expliquera dès toute petite, de sorte à ce qu’il n’y ait pas d’effet d’annonce et qu’elle ait l’impression de l’avoir toujours su. Par contre on ne le claironne pas sur tout les toits non plus, car nous voulons qu’elle est une enfance normale et que les gens la regarde comme n’importe quel enfant et pas comme l’enfant du don (seules nos familles très proches sont au courant).
      Pour l’anonymat, ca ne me tracassait pas plus que cela avant. Je trouvais normal de « protéger » les donneurs, et puis je dois bien avouer qu’en tant que potentielle future maman je me sentais un peu menacer dans ma future place de mère… alors l’anonymat m’arrangeait bien.
      Et puis Everest est née. Et maintenant qu’elle est là en chair et en os, maintenant qu’elle est une petite personne je vois les choses autrement. J’aimerai juste trouver la solution pour qu’elle soit en paix avec tout ça. Et pour ce qui est de mes propres doutes, je suis à 100% sa maman, aucun soucis la dessus. Je ne me sens plus menacée par quoique ce soit.
      Tu as raison ce sont de vraies questions. Perso j’avais été voir un psy avant la FIV DO. Et je n’hésiterai pas à y retourner accompagnée d’Everest si elle en ressent un jour le besoin. 😘

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      1. Oui c vrai , je pense aussi qu il faut lui dire mais c pas évident de se dire que peut être elle pourrait en étant plus grande , sentir une différence ou mal le vivre . J ai peur de ça. Le doc espagnol m a parlé d un psy spécialisé dans ce type de domaine , je vais allé le voir pour en parler avant de faire le don . C est une bonne chose . Merci de tes eclarcissements

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  2. Sans être concernée par le don, je suis une enfant de la PMA et même si ce fut loins long pour ma maman, je pense qu’elle nous en a toujours parlé naturellement, je n’ai effectivement pas souvenir d’un effet d’annonce, j’ai « toujours » su que ma maman avait des problèmes de fertilité, que ses grossesse étaient à risque à cause d’une malformation (et elle a coché l’option gemellarite pour la première). Souvent, les gens sont surpris quand je l’évoque, mais pour moi, ce n’est pas un sujet tabou.
    Et pour le non-choix de renoncer à un deuxième enfant, je ne peux que compatir, ma maman a mis 10 ans à l’accepter 😓. Et sait-on jamais, peut-être aurez vous la surprise d’un bébé miracle comme ce fut le cas de mon petit frère 😚

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  3. Mon chat pot de colle a commencé à m’ignorer alors que j’étais enceinte de 1 mois… ils ont du flair les animaux ! Quand je suis rentrée à la maison le ventre vide, direct elle est revenue me voir quand elle a compris… Vraiment une grosse jalouse celle-là !

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  4. Coucou,
    Je suis contente de lire que toute la petite famille trouve finalement ses marques.
    J’ai eu de la chance avec mes chats qui ont bien vécu l’arrivée de notre Chipsie (même s’ils commencent à ne plus trop supporter ses cris très perçants) mais j’imagine très bien comment la situation a pu être douloureuse pour toi, en plus de tout le reste.
    Un emménagement avec un bébé si petit, vous êtes des warriors !!!
    Ensuite, pour le don, j’ai acheté le bouquin conseillé par BAMP (Am Stam Graine). J’ai pleuré la 1ère fois que je l’ai lu tellement les mots m’ont paru juste. Chipsie et moi le lisons très souvent même s’il est encore petit. Je m’interroge aussi sur l’anonymat mais je me dis que s’il se construit sa propre identité, en confiance, entouré d’amour, il ne ressentira peut-être pas le besoin de chercher ses origines génétiques.
    Je souhaite plein de petits et grands bonheurs à 3 (enfin, à 4 avec Minette)

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    1. Coucou Blanche, je suis contente de te lire et j’espère que vous allez bien. Ha oui le déménagement… Dans notre bonheur bébé/maison, j’ai le luxe de regretter un peu le timing. Problème de riche, hein… Disons que j’aurai préféré avoir le temps de profiter D’Everest comme il se doit le premier mois. Surtout qu’on sait qu’il n’y aura pas de 2eme, alors j’aurai voulu pouvoir vivre ces instants uniques à fond…
      Pour le livre je recherche justement un album de ce genre. Est-ce que celui-ci parle de tous les dons (j’ai vu que l’auteur était née d’un don de sperme) ?

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      1. Oui, le livre parle de don d’ovocytes et de don de sperme. Il est conseillé à partir de 5 ans mais même si mon fils ne comprend pas encore, j’espère que ce livre deviendra un repère (parmi d’autres bien sûr) pour ces jeunes années. Le temps qu’il comprenne vraiment la signification de tout ça.

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          1. Avec plaisir ! J’espère que tu te retrouveras dans son livre autant que moi.
            Et oui, nous allons bien. Des mois que je veux écrire mais comme tu le dis, difficile de trouver les bons mots pour ne pas heurter…
            Des bisous 😘 😘

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  5. Bravo pour ce témoignage Psychota. Même si nous n’avons pas eu besoin d’aller jusqu’au don, ce sont des questions que je me suis posée au fil des échecs. C’est très beau ce que tu dis quand tu dis réponds à la phrase  » à qui ressemble-t-elle le plus ». ❤

    Aimé par 1 personne

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