Blog PMA·FIV 3

FIV diagnostique (troisième du nom)

FIV 3
En mars dernier, mon endocrinologue Carte Chance avait mis en lumière une déficience en LH, sans doute à l’origine du problème de maturation ovocytaire rencontré lors des deux premières FIV. Elle avait alors travaillé avec Hope pour me concocter un protocole sur mesure à base de Luvéris pour enrayer ce problème. Bingo, elles avaient tapé dans le mille. Alors que par le passé la moitié seulement des ovocytes ponctionnés étaient matures, le ratio a été bien meilleur cette fois : 7 matures sur 9 ponctionnés. Et d’ailleurs, ma LH a tenu le cap tout au long de la stimulation. Du jamais vu.

En mars dernier, notre biologiste Carte Doute avait de son coté craint que cette déficience en LH soit « l’arbre qui cache la forêt ». Pour elle, il ne pouvait pas y avoir que la maturité qui faisait défaut à mes ovocytes. Vu la mauvaise qualité des embryons dès J1, il y avait certainement autre chose. Mais quoi ? Elle m’avait prescrit toutes les prises de sang possibles et imaginables sans réussir à comprendre. Elle avait alors donné son aval pour une nouvelle FIV, mais en nous prévenant du risque : on pouvait très bien résoudre le problème de maturité et se retrouver malgré tout à nouveau avec des embryons de qualité médiocre.
On a tenté. Et malheureusement ses doutes se sont confirmés : aucun des 7 ovocytes fécondés n’est devenu suffisamment bel embryon pour pouvoir être transféré ou congelé. Dès J1, ça a été l’hécatombe.
Trois protocoles FIV différents pour trois résultats similaires : problème de qualité ovocytaire.

L’avantage de l’expérience, c’est qu’on a vécu cette FIV avec les paramètres de notre Carte Doute en tête. Bien-sur, on s’est pris à rêver d’un bel embryon et d’un bébé à la clé. Mais une petite part de nous a su garder les pieds sur terre. Aussi, quand le labo nous a appelé pour nous dire que nous n’avions que 2 J1, nous ne nous sommes pas effondrés. Nous avons compris que notre Carte Doute avait vu juste, et que la maturation qui nous avait tant obnubilés n’était finalement pas le gros du problème.

Je n’ai pas pleuré. Je n’ai pas serré les dents. J’ai soupiré, ca oui. De tristesse, de déception, mais peut-être aussi un peu de soulagement. J’ai dit presque tendrement à mes ovaires qu’on allait enfin arrêter de les embêter. J’ai tourné la page mentalement sur le chapitre FIV, et je me suis ouvert à celui sur lequel je lorgne depuis un an, depuis la débâcle de la FIV 1 : le don d’ovocytes.
J’ai lu des blogs, des pages officielles d’informations, des pages de présentations de cliniques étrangères. Et j’ai lu et relu des blogs, encore et encore, et j’ai remercié ces pionnières de leurs témoignages infiniment précieux. Nous avons énormément discuté de tout cela avec Psychoti, essayant de nous poser toutes les questions pratiques mais aussi psychologiques que le don peut soulever. Nous avons vu que nous étions sur la même longueur d’ondes, et surtout que comparé à il y a un an, nous étions prêts mentalement. Tout cela avait maturé tranquillement dans nos têtes et dans nos cœurs, en arrière plan. Un an et deux FIV plus tard, oui, nous pouvions dire que nous étions prêts pour cette aventure-là.

A quelques minutes de retrouver Hope pour débriefer de la FIV 3, nous n’étions ni dévastés ni anéantis par cet énième échec, mais plutôt un peu inquiets. Nous étions partis sur la piste du don spontanément, avec évidence, sans attendre l’avis de notre médecin.
Aussi, alors que nous attendions dans la salle d’attente sous une chaleur caniculaire, nous n’avions qu’une seule question en tête : et si Hope avait tiré d’autres conclusions que nous sur la FIV 3 et ne nous orientait pas du tout sur ce chemin-là ?

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18 réflexions au sujet de « FIV diagnostique (troisième du nom) »

  1. J’allais écrire un truc du genre : c’est une page qui se tourne, que tout ce temps et ces FIV n’ont pas été du temps perdu, puisque Psychoti et toi avaient eu le temps de laisser l’idée du don faire son chemin dans vos têtes.
    Mais là … Quel suspense ! Hâte de lire ton prochain article.
    Des bisous.

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  2. On voit que vous avez fait un sacré chemin. Le don l’impose, il est nécessaire de passer plusieurs étapes et une série de « deuils » pour débuter ce chapitre la et surtout déterminer si cela vous correspond. Je serais étonnée qu’hope ne vous oriente pas dans cette voie… mais comme tu le dis, on ne sait jamais! Elle tenait à ce que l’on fasse nos tev avant La RT (on a trois j2 issus de nos gametes au frais…) mais on avait déjà fait le deuil, on voulait clore le chapitre pour débuter une nouvelle aventure. Quelle que soit la suite, je vous souhaite de connaître enfin ce grand bonheur….

    Aimé par 2 people

  3. La suite, la suite, la suite !!!
    😝
    Blague à part, tout était allé très vite pour Charmant et moi entre la découverte d’une possible insuffisance ovarienne et la perspective du don. La psy nous avait trouvés « mûrs » mais nous étions rassurés aussi de savoir que nous aurions du temps pour nous faire à l’idée. Vous semblez avoir déjà parcouru ce chemin, cela vous aidera beaucoup pour la suite, si c’est le don qui s’impose, bien sûr !
    Gros bisous 😘

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    1. Oui, c’est tout le paradoxe d’un long parcours PMA… C’est insupportable à vivre, mais en même temps, ça laisse le temps de se préparer plus sereinement à des solutions qui semblaient à première vue inenvisageables. Je peine à imaginer comme le choc a dû être violent pour vous. Des bisous

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