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S’autoriser à y croire

Voilà près de deux mois que le verdict FIV 1 est tombé. Deux mois que nous sommes en pause PMA. Et bien cette pause-là n’était vraiment pas de trop.

Les trois premières semaines, on était juste hébétés, je crois. De cet énième échec, de l’année écoulée. On ne croyait plus en rien, littéralement. J’entendais les doux mots de mon entourage, les « chaque FIV est différente », « il vous reste des tentatives, ne baissez pas les bras », « les médecins vont finir par trouver le protocole qu’il vous faut, vous l’aurez votre bébé » mais dans mon cœur je ressentais surtout « tomber enceinte suite à la PMA ? Encore un truc qui n’arrive qu’aux autres… Nous, on est des abonnés permanents de l’échec. Laissez-nous à notre chagrin, laissez-nous faire le deuil de tout cela ».

Au bout de ces trois semaines, nous sommes partis quelques jours en vacances et c’est là, je crois, que nous avons réussis à tourner la page. Nous avons laissé sur place la douleur et la tristesse, et sommes revenus plus légers.
Pour autant, nous n’avions pas retrouvé l’espoir. Pour être tout à fait sincère, nous ne voulions pas retrouver l’espoir. Nous ne voulions plus y croire, nous n’aspirions qu’à vivre loin de tout ça, loin des montagnes russes mensuelles et PMesques. Nous nous sommes barricadés le cœur jusqu’à ne plus rien ressentir de cette envie de famille inassouvie. Et somme toute, nous avons plutôt réussi : nous avons vécu un mois de juillet relativement heureux sous notre chape de protection.

A l’aube de ce troisième mois post-FIV, notre bunker commence un peu à s’effriter. Il laisse passer les vents, les murmures d’un autre monde. Un monde où l’espoir est admis, adulé comme une lumière et non bannis comme un ennemi perfide et blessant. C’est encore fragile, il ne faudrait pas grand chose pour que, vite vite, on consolide notre fondation et s’enferme à tout jamais dans notre bulle. Mais les fissures sont quand même là, et j’en suis soulagée. Je commençais à avoir peur que cela ne revienne jamais. Qu’on ne retrouve pas l’envie de se battre et de retourner au combat. Qu’on abandonne en route.
Combien de couples abandonnent en cours de chemin ? Y-a-t-il des statistiques là dessus ? Combien éprouvent ce besoin de mettre la PMA entre parenthèse pour un temps, de tout arrêter pendant six mois, un an… Le temps de se remettre, le temps de se rappeler qui ils sont ? J’imagine aussi que certains choisissent, en dehors de toutes convictions personnelles ou religieuses, de ne rien vivre de tout ça. Certains préfèrent peut-être faire doucement le deuil d’un enfant plutôt que de subir des années de PMA.

Il faut dire que c’est si lourd, ce parcours… Et souvent si long. Quand on monte à bord de la PMA, on embarque dans un drôle de voyage dont on ne connait ni la destination, ni la durée, ni la force des tempêtes qu’il faudra essuyer. On embarque à bord de L’incertitude… Pour une traversée qui marquera nos vies à tout jamais. Si bien que parfois les escales, qui offrent de quoi reprendre son souffle et ses esprits, s’avèrent presque vitales.
Moi l’anti-pause, l’impatiente, l’éternelle pressée, la psychoteuse hors catégorie qui en a même fait son pseudo… Je suis la première surprise du bien-fait de cette pause imposée. Jamais je n’aurais pensé être capable de la savourer autant. Jamais je n’aurais imaginé en avoir autant besoin.

Pour reprendre la traversée, il nous reste maintenant à réapprivoiser l’espoir. Ouvrir peu à peu les vannes, tout doucement, pour s’autoriser à nouveau à y croire. Nous avons le mois d’août pour cela. Un mois entier pour s’accorder sur le fait que oui, on a encore devant nous de belles chances… qui peuvent réellement marcher.

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21 réflexions au sujet de « S’autoriser à y croire »

  1. Quoi te dire ? que je suis de tout cœur avec vous, que c’est cool que tu arrives à te zenifier, que j’éprouve beaucoup d’empathie en te lisant. Oui je sais, tu ne me connais pas, et je ne te connais pas. C’est ça aussi, la magie d’internet. On peut avoir envie d’envoyer des messages de réconfort à des personnes qu’on ne connait pas. Je t’envoie une brouette de cœurs à la guimauve, pour mettre par-dessus tout ça ( fait pas attention, j’suis un peu zinzin)

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  2. Qu’il est beau ce billet ! J’en suis toute tourneboulée !!
    Et suis surprise aussi parce que mon chéri avons justement profité de l’intimité d’une séance de baignade hier soir pour une discussion sur le même thème fort bien résumé dans ton titre : garder espoir ou comment s’autoriser à y croire.
    Je suis très contente pour vous de votre sérénité retrouvée grâce à cette pause finalement bienvenue.
    Je t’embrasse fort et t’envoie une grosse cargaison d’espoir pour se glisser dans les fissures. 🍀💖

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    1. A force d’encaisser les échecs c’est vrai que c’est dur d’y croire encore et encore… C’est dur de s’autoriser l’espoir quand la chute fait si mal. J’espère que de votre côté vous avez trouvé le juste équilibre entre trop et trop peu d’espoir. Gros bisous Blanche

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  3. Merci de ton billet tout en délicatesse qui met des mots sur nos aspirations à la pause car pour être mené, ce combat nécessite de pouvoir recharger les batteries régulièrement. Et tu as raison de l’écrire : nous ne sommes pas obligés de nous infliger tout ça, je comprends tout à fait ceux qui arrêtent avant la « fin ». Je te souhaite un beau mois d’août ☀️

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  4. C’est un bien bel article Psychota et je suis contente de lire que tu profites de cette pause et qu’elle n’est pas difficile à vivre.
    Après un échec, ces trois fichus mois paraissent une éternité. Avec le recul, comme tu l’as bien écrit, on s’aperçoit que cette pause imposée fait le plus grand bien. Ces protocoles chamboulent le corps et l’esprit.
    Les pauses voulues sont bénéfiques aussi. Car cela fait du bien d’organiser sa vie comme on l’entend, de reprendre les rênes de notre quotidien et de se retrouver tout simplement.
    Je te souhaite un beau mois d’août plein de douceurs !
    Bises.

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  5. Bonjour,
    Je tombe « par hasard » sur ton article. Qu’il est beau et résume bien les émotions par lesquelles je suis passée de (trop) nombreuses fois…
    3 FIV et jamais un seul embryon n’a daigné s’accrocher. 3 FIV et pas un seul à congeler pour garder espoir.
    Puis la 4eme et dernière FIV avant de passer au don de sperme… Et là, miracle, 2 locataires décident de rester sur place!!!
    4 ans de pleurs, de doute, de colère et de désespoir.
    Mais aujourd’hui je suis maman de 2 princesses de 21 mois, grâce à la PMA!
    Alors garde toujours espoir au plus profond de toi. Ton heure viendra.

    💜

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    1. Merci pour ce témoignage positif. Mais tu sais ce que c’est, à force, on se dit que les belles histoires avec happy end n’arrivent qu’aux autres… Alors on verra. On va tacher de réapprivoiser l’espoir petit à petit. Bises 😘

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  6. Psychota, comme souvent, tes mots sont tout en finesse! Contente de savoir que l’espoir revient petit à petit. Ça a l’air tellement dur lorsqu’il s’effondre après chaque tentative mais il me semble tellement humain et nécessaire de lui laisser sa place pour donner vie à des psychotos encore plus costauds. Profitez bien de cette pause estivale et plein de guimauve aussi 😉

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  7. C’est très beau ce que tu as écrit. On a fonctionné à l’inverse. Avec beaucoup de combativité, d’espoir et de chagrin qui s’épaissit. Mais avec août arrivent les vacances, parenthèse enchantée. Je prendrai modèle sur toi (j’essaierai) pour en profiter et rentrer ressourcée et épanouie. Gros bisous Psychota. Bonne « rentrée » pmesque. ❤️

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    1. Oui, toi et moi on a réagit à l’inverse après nos FIV foireuses. Peut-être parce qu’à toi on a dit « c’est la faute au bain de culture » alors qu’à moi on a dit « c’est la faute à vos ovaires ». Forcément ça réduit l’espoir de Gertruder (et l’espoir tout court d’ailleurs…). Bon mois d’août ma belle, j’espère que tu profiteras au mieux de cette parenthèse enchantée (au fait hier j’ai bu un virgin mojito délicieux… Sans alcool, ça le fait aussi 😉)

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  8. Hello ma Psychota. Désolée d’avoir mis tant de temps à venir mettre mon grain de sel ici. Je l’ai lu plusieurs fois ton billet. Que c’est difficile de justement doser l’espoir… Je te souhaite que le mois d’août lui permette de revenir, tout doucement, sur la pointe des pieds… D’ici là, continue de bien savourer ta pause (je t’avoue qu’ici, je vais trouver le temps long d’ici la prochaine tentative, mais je sais qu’il faut être raisonnable et laisser au corps et au coeur le temps de se remettre…). Je t’embrasse bien fort ma belle ❤

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    1. Désolée à mon tour, je n’avais pas vu ton message !! Merci pour tes mots doux, j’espère que la pause, pour toi, ne sera pas une longue et interminable corvée… Trop ou trop peu d’espoir, difficile de trouver la dose qu’il faut pour gérer au mieux l’attente ! Des baisers

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  9. Je découvre ton blog et me retrouve énormément dans tout ces sentiments que tu évoques…Et je les partage tellement..Effectivement « réapprivoiser l’espoir »..C’est un sentiment que je connais tellement depuis quelques jours.Après etre passée par la tristesse, la colère, et le deuil de l’échec de notre 1ere Fiv il y a deux semaines…Je recommence à espérer..Et espérer fait beaucoup de bien dans tout ce qu’on passe.
    Profites de ton repos pour te ressourcer 😉

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