Blog PMA

Un miracle si précieux

Pré-FIV : flash-back sur les vacances (1/3)
Il y a cette maison, et ces odeurs de campagne. On y retrouve avec plaisir son petit monde, les chats et le chien, et les nuages noirs qui roulent au dessus du fleuve. C’est beau. C’est calme et apaisant.
Belle Maman est sortie dans la cours pour nous accueillir. Elle est ravie : ses enfants éparpillés aux quatre coins de la France sont réunis pour quelques jours sous son toit.
Dans la maison, le couloir s’est refait une beauté peinture, et la petite table à été poussée un peu plus loin contre le mur. Mais l’essentiel est à sa place ; on reprend nos marques là où on les avait laissées il y a quelques mois. Et les conversations aussi, qui s’enchaînent comme si elles ne s’étaient jamais interrompues.

Et pourtant il y a du changement. Personne n’en parle, personne ne l’évoque sans que je ne sache vraiment pourquoi. Mais peu importe après tout, car quoiqu’il en soit, quoique l’on taise, moi je ne vois que ça. Ça me saute au yeux, ça me poursuit, ça me tord le cœur.

Je regarde dans toutes les directions mais inlassablement, je finis par tomber sur les courbes de ma belle sœur. Je me bouche les oreilles mais de la pièce d’à coté, j’entends son souffle court quand elle arrive en haut de l’escalier. C’est lourd, un ventre de 7 mois.
Je me réfugie quelques instants dans la chambre où l’on dort. C’est peine perdue : il y a ici un petit matelas et des planches de bois qui attendent d’être assemblées. Je les fixe, je les scrute comme s’ils abritaient le diable en personne. Je me dis que c’est cruel d’avoir posé ça là, juste dans notre chambre à nous alors que la maison est si grande. Et puis je me souviens que la famille de Psychoti n’est au courant de rien, et quand bien même ils le seraient, comment auraient-ils pu deviner la blessure et les tourments infligés par la simple vue d’un lit à barreaux en kit ?

Alors je prends sur moi, je respire un bon coup, j’essaie de voir au delà du chagrin. Je m’extrais de moi-même, je tente de voir les choses autrement que sous le prisme de la PMA.
Sous ce pull tendu se cache la vie. Un être humain, tout neuf, avec sa propre personnalité et ses propres états d’âme, et qui sera bientôt des notres. Un miracle en soit ! Que j’envie et que je jalouse, c’est vrai. Mais un miracle quand même. Que l’on fêtera le moment venu comme il se doit. Car qui suis-je, après tout, pour refuser de célébrer la vie ?

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27 réflexions au sujet de « Un miracle si précieux »

  1. Ce n’est pas évident de se retrouver la. Le coup d’y lit à barreau démonté j’ai vécu la même dans la maison de mes beaux parents.cetait carrément un message  » « c’est pour vous quand vous aurez le bébé plus personne ici n’en a besoin maintenant « je suis superstitieuse à fond ça m’a braquée complet 6 ans après nous n’avons toujours pas ce bébé.. ma belle mère est décédée et ne le verra jamais et mon beau père a disparu …Bizarre la vie !! Et pourquoi c’était pas dans la chambre ou dors ta belle soeur ? C’était un message subliminale ?

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  2. Je te comprends tellement… Les grossesses de ma BS ont été très difficiles à vivre. Ces moments de famille sont un vrai tiraillement entre le bonheur de revoir les siens et la douleur de ne pas vivre la même chose. Courage…

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    1. C’est exactement ça… Je suis l’aînée, une de mes soeurs a deux enfants… Et mon tout petit frère qui a 10 ans de moins que moi, sa femme est enceinte en claquant des doigts…
      Je peux pas m’empêcher d’avoir mal au coeur… Même si je suis contente pour eux lorsque je m’extraie de moi-même et que je regarde les choses non pas de l’intérieur mais d’un point de vue extérieur. Mais c’est quand même dur !
      Bisous.

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  3. Il y aura un jour des vacances plus sereines aux mêmes odeurs, des escaliers, des barreaux de lit et un ventre rebondi… D’ici là tu as raison de chasser l’amertume. C’est un travail essoufflant mais au final tu respireras mieux. Je t’embrasse fort

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  4. C’est beau ce que tu écris. J’imagine la maison, ressens les odeurs… Et me revois moi dans l’appartement de ma (petite) sœur il n’y a pas si longtemps. La douleur, la jalousie et pourtant, la raison qui l’emporte. Une acceptation tacite. J’appréhende la suite mais je sais que ce petit bout de vie me fera fondre, un peu malgré moi peut-être, et me rendra heureuse aussi. Je t’embrasse !

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  5. La vie continue pour les autres, mais c’est toujours difficile car cela nous rappelle notre situation et notre combat. Ta conclusion est touchante car tu as raison : ce petit neveu à venir n’a rien demandé et ce n’est pas sa « faute », tout comme à ses parents.
    Je me « rassure » en me disant que chacun a ses propres difficultés.
    Bises.

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