Blog PMA·IAC 4

Une IAC et un radiateur

Janvier 2016 : IAC 4
J12 : aujourd’hui pour nous, c’est le grand jour.
Depuis IAC 2, nous avons adopté une petite routine : Psychoti se rend seul au recueil de sperme puis file travailler, je me rends seule à l’insémination quelques heures plus tard (en ayant pris une journée de congé).

Sur le chemin de l’hôpital, (que mes pieds effectuent dorénavant en pilote automatique), je me surprends à adresser une petite prière au futur bébé. Les mots jaillissent de nul part et s’accrochent les uns aux autres pour former de jolies pensées. Du fond de mon cœur, petit bébé, je te le dis : tu es le bienvenue dans nos vies, bienvenue dans notre famille. Alors viens, viens, c’est le bon moment, je le sens. Viens…

La salle d’attente comme à son habitude est bien remplie. Un couple sur ma droite parle particulièrement fort, si bien qu’en quelques minutes je sais tout de leur situation : pré-ménopause, première FIV, premier transfert. La nana me fait penser à une écervelée surexcitée en C1 qui ne connait rien à la PMA et qui débite plus d’absurdités à la minute qu’il n’est possible. Pourtant, elle est là pour son transfert ! Elle a donc normalement déjà vécu les piqûres, la ponction… Et devrait savoir comment ça se passe !
Je la regarde éberluée. Je dois avoir l’air d’une chouette. La seule explication qui me vient est qu’elle doit être bête comme ses pieds pour n’y rien comprendre à ce point. Comment peut-on par exemple croire qu’il suffit de baisser le radiateur et rester au frais pendant quinze jours pour que l’embryon s’implante à coup sur ? C’est infaillible, elle l’a entendu à Télé-Matin. Avec cette méthode, la FIV marche à tous les coups 
(amies FIVettes, si votre dernier transfert à échouer, vous savez maintenant pourquoi… Éloignez-vous des radiateurs, c’est une Experte qui vous le dit !).
Je finis par croiser le regard ma voisine de chaise, et vois qu’elle a l’air aussi atterrée que moi. Sourire, flottement, sourire… Nous sommes à deux doigts de la crise de rire quand elle se lève : la veinarde, c’est son tour.

Un quart d’heure plus tard, c’est enfin le mien. On se croise dans les couloirs : nouveau sourire, et regard qui crie « bonne chance à vous ! ». Oh oui. Bonne chance, bonne chance, bonne chance. On ne se connaît pas, on n’a pas échangé un mot, on ne se recroisera sans doute jamais, mais qu’est-ce que ce regard m’a fait du bien à ce moment-là…
D’autant que l’interne qui pratique l’insémination ne déborde pas d’ondes positives. Quand elle voit que c’est notre quatrième tentative, elle marmonne « Aller sait-on jamais, ca peut marcher… » Sait-on jamais ? Sait-on jamais ??? Attends un peu que je t’explique : ça, c’est le genre de truc que moi, patiente désabusée, je peux dire, mais toi, médecin, toi tu es censée déborder d’espoir pour nous ! Toi, tu es censée croire en ce geste que tu fais aujourd’hui, croire en la médecine, croire en la PMA !
Évidemment je garde mes pensées pour moi, et me contente de croiser très fort les doigts sur mon ventre au moment où elle injecte les 6 millions de spermatozoïdes dans mon utérus.

J’ai passé le reste de ma journée à bouquiner avec mon chat sur le canapé. Drôle de contraste après la course folle de ce début de IAC. Bien appréciable ceci dit. Une petite bulle de sérénité avant d’affronter l’attente interminable des quatorze prochains jours.

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