Blog PMA·IAC 2

DPO 13 sous les eaux

Novembre 2015 : IAC 2
Vendredi soir, j’ai sorti la feuille de son enveloppe, encore une fois. J’ai vu ce chiffre, ridicule, sans aucun espoir : 1 ui. Voilà. J’ai senti mon cœur se serrer, et remonter dans ma gorge. Finalement il semblerait que malgré mon indifférence récente, j’en rêve toujours de ce bébé.
Pendant tout le trajet de retour, j’avais les larmes au bord des yeux. Ne pas pleurer avant d’être chez moi. Ne pas pleurer. Sûrement la même retenue idiote que celle qui m’a empêché de danser sur le trottoir de l’hôpital il y a quinze jours. Foutue bienséance et pudibonderie.

Et puis le téléphone a sonné et mes larmes ont coulé, coulé, coulé. Ma mère. Ma merveilleuse mère au soutien sans faille.
Si tu savais Maman comme j’aimerai avoir la chance d’être une aussi bonne mère que toi. Si tu savais Maman tout cet amour que j’aimerais donner à mon tour. Si tu savais comme j’ai mal de ne pas y arriver. Mais tu le sais et ça aussi, entre autre, me fait pleurer. Je n’arrive pas à te préserver. Les mots et les larmes sortent sans que je ne puisse les retenir. Je déverse ma peine sur toi tout en sachant que ça te rendra un peu malheureuse. Je suis désolée, tellement désolée…

J’ai rejoint mon appartement, mon chez moi. Finalement je n’ai plus beaucoup de larmes à verser. Je me sers un verre de vin, c’est devenu une sorte de tradition. Je pense vaguement que je pourrais m’offrir un nouveau smartphone pour me consoler. Je ne suis pas très gadget, mais le mien commence à peiner du haut de ses quatre ans. Et puis à quoi bon économiser ? Nous n’arrivons même pas à remplir la deuxième chambre, alors déménager pour plus grand… Ce n’est pas vraiment au programme.
Psychoti arrive. Je ne l’ai pas encore prévenu, je n’avais pas envie de le faire par téléphone. Il voit mon verre de vin sur la table basse et comprend. Il se ferme dans son mutisme habituel, sa manière a lui de gérer le chagrin. Il part aussitôt courir pour se défouler et me glisse, avant de partir « comment ça se fait que tu n’es pas plus déçue que ça ? ».
Oh mon Psychoti, tu ne vois donc pas que je suis dévastée ? Sous prétexte que maintenant mes joues sont sèches, tu te laisses duper ? Si tu pouvais te glisser dans mon cœur, et ressentir ce désespoir profond…
A son retour, on parle un peu. On se livre et on découvre en quelques mots que l’on ressent la même chose : un constat simple et implacable, on n’y arrivera jamais. Cette impression d’être engluée dans une situation qui n’en finit pas. Qu’on continue la PMA comme par automatisme, par habitude. Ce n’est pas juste qu’on n’y croit plus. C’est devenu tout simplement inconcevable.

Ce vendredi soir, nous ne croyons plus en rien. Nous avons oublié Paris, Bruxelles et le reste du monde, et pleurons égoïstement sur nos échecs et petites vies imparfaites. Mais demain, déjà, nous irons mieux. Parce qu’ainsi va la vie, n’est-pas ? Parce que quelque soit l’épreuve, tout le monde le dit : la vie continue.

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