Blog PMA·IAC 2

Jogging et charentaises

Novembre 2015 : IAC 2
Deuxième tentative et l’attrait et l’inquiétude de la nouveauté se sont un peu envolés. Pour la IAC 2, on savait plus ou moins à quoi s’attendre. On savait aussi comment on voulait vivre les choses. Pas de cœur guimauve cette fois-ci, mais plutôt une organisation à toute épreuve pour caser cette conception artificielle dans nos emplois du temps respectifs.

Psychoti s’est rendu seul au recueil au petit matin, je me suis rendue seule à l’insémination en milieu matinée. Voilà. On était tombé d’accord la veille sur le fait qu’on se fichait pas mal de la symbolique d’être ensemble au moment précis où… Que ça n’enlèverait rien au fait qu’on le fait ensemble ce bébé (ou du moins qu’on essaie de le faire ensemble). Et réellement, sincèrement, ça ne m’a pas du tout dérangé. Je n’en ai pas moins apprécié le petit resto en amoureux qui a suivi, ni le câlin (recommandé) du soir.

La bonne nouvelle, c’est que le médecin de garde du samedi (qui n’était pas ma petite dame chinoise) était enjouée, pétillante et incroyablement douce. Elle avait pris soin de tamiser la pièce et on entendait de la musique classique en fond sonore. Elle m’a informée immédiatement du nombre de spermatozoïdes inséminés (10 millions encore !) et je n’ai absolument rien senti. Pas de mal de ventre, rien de rien.
Elle connaissait par ailleurs très bien notre dossier, et m’a transmis des indications précises pour la potentielle (et non souhaitée) IAC 3 (commencer les injections à J4 au lieu de J5 pour espérer que follicules réagissent un peu mieux que cette fois). C’est finalement très rassurant d’être suivis à l’hôpital par une équipe complète. Même si l’interlocuteur change, on sait que notre cas est débattu par un staff entier et on a le sentiment d’être vraiment bien pris en charge.

Depuis… Tout va plutôt bien (aussi bien que ça peut aller pendant ces fichus DPO). J’en ai déjà ma claque de l’Utrogestan et de ses effets dégeu, et j’ai mal aux seins puissance 10 depuis l’ovulation. J’ai également le cerveau qui part en cacahuète, notamment la nuit quand je fais des rêves pour le moins surprenant (mais dont le sens et l’origine ne sont pas bien difficiles à comprendre).

Il y a trois nuits, j’étais prise au piège d’un calendrier géant. Je dévalais les jours à toute allure, un peu comme si j’avais embarqué à bord d’un wagon fou qui filait à 100 à l’heure sur des railles faites de cases quotidiennes. Je voulais à tout prix descendre le samedi 18 mais c’était impossible, le train infernal ne devait pas s’arrêter avant le samedi 25 (j’ai vérifié, il n’y a pas de samedi 18 ni 25 au mois de novembre).
Je me suis réveillée grognon, fatiguée de ma lutte pour m’échapper. J’ai surtout aussitôt pensé qu’il me restait encore deux samedi avant de savoir. Sauf que, pour des raisons pratiques, j’aimerai ne pas attendre le deuxième samedi et faire ma prise de sang le vendredi (soit DPO 13), alors même que le médecin de la IAC 2 a été intraitable sur le fait qu’il fallait attendre. Le spectre de DPO 14 rode…

La nuit dernière, j’ai rêvé du travail. Enfin, du travail… Façon de parler.
Chaque mardi matin a lieu la réunion des chefs (à laquelle dans la vraie vie je ne vais que quand ma chef est absente… et c’est en général aussi inutile qu’ennuyeux). Direction la salle de réunion donc. Quand je franchis la porte, je constate que les chefs sont déjà installés, ainsi qu’Emmanuel Macron en jogging molletonné gris, et une version séduisante et incroyablement jeune de Jaques Chirac, costume impeccable et… charentaises (rassurez moi et dites moi que ça ne signifie pas qu’inconsciemment – mais alors vraiment très inconsciemment – je fantasme sur les hommes politiques en jogging et charentaises… Au secours !).
A l’ordre du jour : notre PMA. Je rejoins Psychoti (qui se trouve étrangement là sans que cela ne me surprenne) et nous nous asseyons sur les tables du fond, comme des étudiants un peu désinvoltes qui seraient venus assister de loin à un cours.
Tout sourire, Emmanuel Macron explique que nous devons être exclus du programme IAC, car notre dossier est trop léger. Nous n’avons rien ni l’un ni l’autre (preuves à l’appui, il brandit les spermogrammes de Psychoti et les résultats de ma dernière écho, celle qui dit que je ne suis plus OMPK), et qu’il serait donc judicieux qu’on laisse notre place à des couples qui en ont réellement besoin. Tout le monde acquiesce, pas d’objections, affaire classée.
Quoi ? Non, non ! Je me réveille en sursaut le cœur battant à tout rompre. Avec l’absence de limpidité qui caractérise les réveils difficiles, je suis soulagée qu’on ait eu le temps de faire notre IAC 2 avant que le couperet ne tombe. Puis je revois le joggings gris, les charentaises, et l’incohérence de tout ça me saute enfin aux yeux. Je me mets à rire toute seule du fond de mon lit.
Définitivement, la PMA est plus qu’épuisante…

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