Blog PMA·IAC 2

Fuir pour mieux revenir

Octobre 2015 : IAC 2
Finalement, j’avais beau m’y attendre, l’échec de cette première IAC a été un sacré choc. A croire que plus le temps passe et moins j’encaisse. Plus je mets du temps à me relever.
J’ai eu besoin de prendre du recul, de m’éloigner, d’oublier. De me plonger à corps perdu dans d’autres projets, d’autres endroits où la PMA n’existe pas et où je peux être une personne normale. J’ai eu besoin, pendant une semaine entière, de faire complètement abstraction. J’ai même fuis mes copinautes, celles dont je te parle depuis si longtemps. Et j’ai bien cru les perdre définitivement…

Le fait est que l’écart se creuse entre nous et ce n’est pas toujours facile à vivre. Je trouve ça parfois tout bonnement masochiste de venir lire chaque jour leurs histoires de bébés et de femmes enceintes. Moi qui fuis jusqu’à mes neveux et nièces, pourquoi continuer à parler avec ces filles que je n’ai même jamais rencontrées ? Sauf que… Le chant de l’amitié a été plus fort. Incroyable comme ces quatre copinautes comptent dans ma vie. Incroyable ce qu’une amitié épistolaire peut prendre comme place…

Aller pour la peine, on se fait un petit point copinautes :
~ Pas tellement de changements pour la première, qui est toujours un maman comblée. Elle est celle d’entre nous qui connaît le moins l’attente et la PMA, puisque tombée enceinte au bout de cinq mois. Et pourtant, à sa façon, elle est celle qui s’en soucie et s’en préoccupe le plus. Je sais qu’elle se retient, qu’elle ne s’autorise pas certaines phrases, qu’elle ne se permet pas de se plaindre même quand sa fille la met à bout de fatigue et de nerfs. Je le sens, je le devine et ses petites attentions et délicatesses me vont droit au coeur.
~ La deuxième est devenue maman pendant que j’étais à Venise, en septembre. Elle est heureuse et tout à son bonheur. Elle profite, et a bien raison.
~ La troisième… Ma soeur PMA qui vit bien des galères… Ils viennent de vivre leur première FIV ISCI, et ça a été très dur. Très dur physiquement car beaucoup d’effets secondaires. Très dur aussi moralement de se faire à l’idée de passer sur le billard quand on veut juste un bébé. Et enfin très dur car rien n’a marché… Quatre ovocytes ont été ponctionnés, un réimplanté de suite et trois congelés. Quatre jours après avoir appris qu’elle n’était pas enceinte, elle a su que les trois embryons restants n’avaient pas survécu. En plus de la détresse habituelle, elle a aujourd’hui le sentiment d’avoir traversé l’enfer pour rien.
   ~ La quatrième est enceinte de cinq mois. C’est la plus discrète d’entre nous, celle qui intervient le moins souvent dans notre conversation à cinq voix. Sa grossesse se passe donc comme le reste, bien, mais en relative discrétion.

On forme un drôle de mouton à cinq pattes à nous toutes. Mais on s’est bien trouvé malgré la vie qui nous éloigne. Elles savent que parfois, de fait, moi ou la troisième risquons de disparaître quelques jours. Elles savent et le comprennent. C’est notre solution à nous pour rester unies malgré tout.

Dans le même ordre d’idées, j’ai fini par passer une journée en famille (malgré ma récente résolution – un brin contraignante – d’éviter tout contact avec les bébés, enfants et femmes enceintes). Loin de me meurtrir, voir mes petits neveux et nièces m’a fait du bien. J’ai pansé mes plaies de leur rire et leur tendresse. J’ai joué avec les grands, lu des histoires au moyen et laissé la petite se nicher dans le creux de mon cou. Comment résister à une telle déferlante d’amour ? Comment ne pas repartir heureuse d’être au moins une tata aimée ?

Fuir fait parfois du bien, mais n’est pas une solution tenable sur le long terme. Le tout est de réussir à s’en souvenir avant de complètement disparaître.

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