Blog PMA·IAC 1

En mode IAC : l’insémination

Octobre 2015 : IAC, c’est parti !
J11 (toujours), me voilà au travail, avec cette impression étrange de mener une double vie puisque personne ici ne sait à quoi j’ai consacré ma matinée. J’attends que l’infirmière m’appelle pour connaître la suite du programme. Moi qui oublie la plupart du temps mon portable dans le fonds de mon sac, je ne le quitte pas des yeux, même quand je vais au toilettes.
15H32, ça sonne, je bondis. Les nouvelles sont bonnes, la prise de sang confirme ce qu’on a vu le matin même à l’écho : l’ovulation est en bonne voie. Sauf que… Il y a un dimanche en vu (et qu’on n’insémine pas le dimanche). Au programme donc des prochains jours :
~ J11 (jeudi soir) : injection de Gonal f
~ J12 (vendredi soir) : injection de Gonal f et d’Orgalutran (pour bloquer une ovulation spontanée… J’avoue que sur le coup ça ne m’a pas trop emballée, tellement peur que ça bloque tout pour de vrai ! Foutu dimanche…)
~ J13 (samedi soir) : injection d’Ovitrelle
~ J15 (lundi matin) : insémination
Tout à sa lancée, l’infirmière me rappelle que le délais d’abstinence ne doit être ni trop long ni trop court avant l’insémination et que dans l’idéal, il nous faudrait avoir un rapport le vendredi soir (et tant qu’à faire un autre le lundi soir pour augmenter nos chances). Je pique un fard en jetant un œil aux collègues qui m’entourent. Une nana est en train de me dire quand faire l’amour, alors que je suis au boulot. Ma vie a pris un tournant délirant.

Je poursuis donc la valse des injections. Celle d’Orgalutran passe difficilement : ce n’est pas seulement qu’elle me gène psychologiquement, mais aussi qu’elle me fait un mal de chien. L’aiguille est un peu moins fine et il y a beaucoup plus de produit que pour les autres. Toute la soirée, j’en garde la trace : une grosse bosse blanche cerclée de rouge là où j’ai piqué. Celle d’Ovitrelle passe par contre comme une lettre à la poste (d’autant que c’est The One, celle qui fait que comme par magie, je vais ovuler pile lundi matin).
La veille de l’insémination, le dimanche, je fais mes petites plantations. Je trouve ça tout à fait approprié : un trèfle à quatre feuilles est censé porter chance quand tu tombes dessus par hasard. Sauf que le hasard et les bébés sur cycles naturels, ça ne marche pas trop par ici. En jardinage comme dans la vie, je choisis donc de forcer un peu notre chance.

Arrive le tant espéré J15, le jour IAC. Psychoti a rendez-vous à 8h pour le recueil de sperme. Il trouve ça idiot que je l’accompagne et que je poireaute avec lui pour rien. Je devine surtout qu’il préfère être seul pour gérer cette étape. Je le rejoint donc 2h plus tard, pour l’insémination.
La salle d’attente est toujours aussi bondée. Cette fois seulement, nous faisons partis des heureux « chanceux » pour qui c’est le jour J. Comme conseillé, je vide ma bouteille d’eau pour avoir la vessie pleine et faciliter le geste. Comme les autres filles, j’attends donc que ce soit enfin notre tour en me trémoussant sur ma chaise.
Au bout d’une demi-heure, on nous appelle. C’est la même interne que la derrière fois, la petite dame chinoise. Je décide que c’est bon signe qu’elle suive cette IAC en intégralité (oui, je sais, je vois des signes partout, même là où il n’y en a pas). Elle nous ré-explique le protocole, ce qu’elle va faire, et ce que moi je devrais faire ensuite (renouer avec mon amie la progestérone entre autre). Je la comprends mieux que jeudi dernier, même s’il y a encore des zones floues. Elle me demande de me déshabiller pendant qu’elle va chercher le recueil de sperme.
La salle est minuscule. Psychoti se tient encore devant la porte, et lance des regards un peu affolés autour de lui. Je crois qu’il ne sait tout simplement pas où se mettre, et que si on l’y autorisait, il partirait en courant. En même temps que j’enlève mon jeans, je lui indique un petit coin où se faufiler. Il passera notre IAC coincé derrière l’appareil à echo, le dos collé au mur. On ne peut pas se tenir la main, mais on peut se regarder – c’est déjà ça.

Notre interne revient et sur un ton très solennel nous souhaite « bonne chance ». Je trouve ça adorable… et même temps complètement flippant. J’ai l’impression que sous ce bonne chance chinois se cache l’aveu que la médecine n’est pas vraiment au point, et qu’elle a besoin d’un bon gros coup de pouce pour que ça marche. Ce qui en soit est 100% véridique au vue des statistiques. Encore et toujours, définitivement, on ne fait que tenter notre chance.
L’insémination est pour moi assez douloureuse. C’est rapide, furtif, mais ça fait mal. Ca me surprend, car tout le monde m’avait affirmé que le geste serait indolore. Mais je suis soutenue par Psychoti, et l’instant est quasi magique (je ne vous fais pas la redite du cœur guimauve, je crois que vous avez saisi).

On avance à un rythme d’escargot en direction du métro, et on décide de se faire un petit resto en amoureux avant que Psychoti ne reprenne le boulot. La magie est encore un peu là ; on est bien, on est nous. Au passage aux toilettes je constate toutefois que j’ai saigné. Et j’ai mal au ventre comme avant d’avoir mes règles : ça s’estompera au bout de deux bonnes heures.
Je passe l’après-midi à comater sur le canapé. Tout cela m’a littéralement épuisé.

Le lendemain, je reprend le boulot l’air de rien et mes collègues me demandent ce que j’ai fait de mon week-end. « Oh, rien fait de spécial… Un peu de jardinage … » Faites que la petite graine ait pris !
Etonnement, je n’y pense pas trop. La progestérone devient ma meilleure amie (elle et moi on se rencarde matin et soir, elle me promet de faire son maximum pour m’éviter une fausse-couche potentielle et me donne très peu d’effets secondaires. Que demander de plus ?!).

Une semaine plus tard, nous recevons par courrier les résultats du recueil de sperme. Roulement de tambour… Dix millions de spermatozoïdes mobiles ont été inséminés. DIX MILLIONS !!! Punaise. Dites-moi que dans le tas il y avait bien un petit malin capable de trouver le chemin…

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