Blog PMA

Premier rdv PMA

Août 2015 : C18
Vendredi 7 août, 13h : après avoir mangé en vitesse, l’estomac un peu noué, je m’éclipse du travail. Des jours que j’attends ça. J’ai fais plein d’heures sup pour pouvoir poser mon après-midi en récup (et ne pas liquider trop vite mon capital vacances).
Enfin, nous y sommes : notre premier rendez-vous PMA.

Le trajet pour l’hôpital n’est pas trop compliqué. Un bus m’y mène en vingt minutes, sans changement. Sauf que nous sommes au mois d’août, qu’il y a des travaux partout et qu’Internet ne l’indiquait pas. Me voilà partie en quête de l’arrêt de bus provisoire, pleine d’appréhensions quant à ce petit contre-temps : le sens de l’orientation et moi, on n’a jamais été de grand copain. Heureusement, j’ai calculé large niveau timing. Et finalement, je ne perds que cinq petites minutes à errer dans les rues.
J’arrive à proximité de l’Hôpital avec un bon quart d’heure d’avance. Mais ici aussi, tout est en travaux. Je me perds dans les ruelles qui montent et descendent, couper par des filets oranges et des monticules de terre. J’appelle Psychoti, déjà sur place, qui me guide par téléphone jusqu’à lui. Voilà, nous y sommes. Nous n’avons plus que quelques minutes d’avance finalement. Mais nous y sommes, c’est l’essentiel.

Nous traversons l’hôpital, direction le service Gynécologie-Obstétrique. Nous sommes pris en charge sans attendre. Nous procédons à notre inscription administrative : noms, prénoms, adresse, cartes vitales, mutuelles, prise en charge à 100%… On nous informe qu’on n’aura rien à régler aujourd’hui. Je repense vaguement aux sommes laissées au Dc Gentleman au mois de juin…
On nous indique une petite salle d’attente rose, avec plus de femmes enceintes au mètre carré que je n’en ai jamais vu. Je souris en repensant aux différents blogs que j’ai lu et qui soulignaient cette particularité : à chaque rendez-vous, les infertiles côtoient « celles qui ont réussi », puisque le suivi PMA à lieu dans le même service que le suivi grossesse. Une fois de plus, les mots de ces filles que je ne connais pourtant pas résonnent en moi et atténuent un peu la morsure au cœur.
Incapable de me concentrer, je ne prends pas la peine de sortir mon livre de mon sac. Je me contente de rester là, assise, les yeux dans le vague. Psychoti feuillette une revue. Je sens pourtant qu’il est tendu, il a sa tête des mauvais jours.
On nous appelle rapidement. Décidément, ils sont ponctuels dans cet hôpital !

Le médecin qui nous reçoit est jeune. Elle pourrait être jolie si elle s’arrangeait un peu. Une nouvelle coupe de cheveux, une paire de lunettes qui mettent en valeur ses yeux… Elle est installée dans une salle sans fenêtre. Je me demande vaguement si c’est lié au travaux extérieurs où si c’est toujours comme ça. Je me dis aussi que ça ne me plairait pas du tout, à moi, de travailler dans un endroit clos.

Elle nous demande ce qui nous amène, et nous écoute parler. Elle nous interrompt uniquement  pour obtenir une ou deux précisions. C’est agréable cette attention qu’elle nous porte, on se sent vraiment entendu. Elle demande à voir nos différents examens, je lui tends la grosse pochette qui résume notre parcours. Pour nous, faire un bébé, c’est aussi ça. Une liasse de papiers remplis de chiffres et de comptes-rendus.
Elle les parcourt rapidement, mais efficacement. Elle sait exactement où chercher les informations dont elle a besoin. Elle nous demande pourquoi nous avons été suivi par deux gynécologues différents. Je ne m’appesantie pas sur la débâcle du Dc Gentleman. Je me contente de lui dire qu’il travaillait dans une clinique privée et que cela ne nous a pas convenu. Elle acquiesce, mais tique un peu sur les examens qu’il nous a fait faire, n’en comprend pas bien le sens et l’intérêt… Je lui avoue ne pas avoir compris non plus. Aucun de nous n’en dira plus, mais le silence qui plane est sans équivoque…

Avec un grand sourire, elle résume notre dossier en quelques phrases, comme pour s’assurer de bien tout maîtriser. Je suis une OMPK légère, tout va bien du côté de Psychoti. Les stimulations étaient effectivement le plus indiquées dans notre cas. Elles n’ont pas marché, cela arrive. Il faut donc passer au stade suivant, à savoir les inséminations.

Elle nous explique la procédure : pour faire une IAC, il faut des sérologies de moins de trois mois et une spermoculture de moins de six mois (pour vérifier que nous n’avons ni l’un ni l’autre d’infections cachées). Une fois les résultats en main, il nous faudra prendre rendez-vous avec la biologiste de l’Hôpital pour lui remettre tout ça.
Cela pourrait aller vite, sauf que… Le Dc Gentleman a oublié de prescrire la spermoculture à Psychoti lors de son spermogramme du mois de juin… Je me demande vaguement dans quelles conditions étranges aurait été faite notre insémination avec lui, et suis définitivement heureuse d’y avoir échappé. Psychoti, lui, rit jaune à l’idée de se farcir un troisième spermo alors même que « tout est normal » de son côté.
Il me faudra aussi refaire une échographie pelvienne pour que mes follicules soient comptés avec précision. En principe, cela permet de bien doser les traitements et d’éviter l’hyperstimulation. Toutefois, au vu de mes bilans hormonaux, elle décide de nous faire directement les ordonnances et me prescrit la plus petite dose de Gonal f. J’hésite à lui faire remarquer que dans ces conditions, je pourrais peut-être me passer d’une énième écho… Mais je sens que c’est la procédure de l’hôpital qui veut ça, et que, utiles ou pas, tous les examens prévus doivent être faits. Il faut que notre dossier soit complet.

Elle nous explique que les ordonnances qu’elle nous fait aujourd’hui sont valables pour trois inséminations. Si je ne tombe pas enceinte, on peut donc les enchaîner sans reprendre rendez-vous. Un part de moi s’arrête sur le « si vous n’êtes pas enceinte… ». C’est comme si je réalisais subitement qu’un grossesse est réellement possible et envisageable. Etre enceinte. Bientôt. Oh la la !
Je me force à revenir sur terre tandis qu’elle nous détaille le protocole : injections de Gonal f tous les jours à heure fixe à partir du cinquième jour du cycle. Echographie de contrôle et prise de sang au dixième jour du cycle, puis tous les deux/trois jours jusqu’à ce que mes follicules soient mûrs. Tout cela sera fait au petit matin (entre 7h30 et 9h30) par les sages-femmes et infirmières de l’hôpital. Elles me rappellerons l’après-midi même pour établir la suite du programme (planifier l’écho suivante, augmenter ou diminuer le dosage des injections…). Quand mes follicules sont prêts, injection d’Ovitrelle. Puis le grand jour ! Recueil et préparation du sperme aux aurores, insémination dans la foulée. Deux semaines d’Utrogestan (et de psychotage…). Puis, enfin, le verdict.

Un planning bien chargé difficilement conciliable avec une vie professionnelle normale. Mais pour l’heure, je ne m’inquiète de rien, je plane encore un peu sur cette chance potentielle d’être enfin enceinte grâce à la PMA.

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