Blog PMA

Les bons côtés de la PMA (si, si, il y en a !)

Août 2015 : C18
Quand vous commencez les essais bébé, une phrase entre toutes revient plus que les autres : « arrêtez d’y penser, ça viendra tout seul ! ». A laquelle s’ajoute, si malheureusement la PMA est au programme, « et surtout, continuez à vivre normalement ! ». L’une comme l’autre me font doucement rigoler (ou me donne envie d’étrangler tous ceux qui croisent ma route, selon l’humeur du jour).

Qui dit PMA dit bien-sûr rendez-vous nombreux et imprévisibles, traitements à heure fixe, planning improbable d’abstinences et de rapports sexuels programmés. Ce qui sous-entend que vous devrez improviser comme vous le pourrez pour intégrer ces nouvelles données à votre quotidien.
Votre gyneco veut vous voir à J12 pour une échographie ? Peu importe si ça tombe un mardi et que vous travaillez ce jour-là. Vous devez faire votre injection d’Ovitrelle samedi soir à 21h ? Arrangez-vous comme vous pouvez si vous voulez assister malgré tout au concert de votre groupe préféré. Vous êtes fatiguée de votre semaine, vous vous traînez une crève pas possible et ne rêvez que de repos sur votre canapé ? Pas de chance, c’est écrit là, il va falloir passer à la casserole ce soir – pas très romantique, c’est sûr. Votre chef insiste pour connaître les dates de vos prochaines vacances ? N’essayez même pas de calculer en fonction de vos hypothétiques prochains cycles, je vous le dis tout de suite, ça ne tombera jamais comme vous l’avez prévu.
La PMA impacte en premier lieu notre quotidien. Pour la vie normale, on repassera. J’ai appris malgré tout à composer. Non pas que je sois particulièrement douée pour jongler avec un emploi du temps impossible, non pas que je sois particulièrement forte pour endosser tout ça sans plier. J’ai appris à composer, simplement parce que je n’ai pas le choix. La PMA, aussi contraignante soit-elle, est avant tout mon plus bel espoir. C’est la petite lueur qui me fait garder le cap dans la tempête. Une chance inouïe que les infertiles des générations passées n’ont pas connu. Pour cet espoir, cette chance, je suis prête à tous les sacrifices. Même si ma vie, du coup, n’a plus grand chose de normale.

Mais la PMA, c’est aussi un bouleversement d’un autre ordre. C’est un enrichissement imprévu, qui change la donne et vous ouvre les yeux sur certaines choses.
Grâce aux essais bébé, je suis aujourd’hui beaucoup plus attentive à mon corps. J’ai beau l’habiter depuis toujours, jamais je ne l’avais écouté comme ça. Des années que j’ai mes règles chaque mois, et pourtant c’est seulement maintenant que je perçois la musique interne de mes cycles. Je ne suis pas sûre que ça change réellement grand chose, mais j’aime bien cette impression de mieux me connaître qu’avant.
J’ai, dans une même logique, accumulé beaucoup de connaissances sur le corps humain. A force de traîner sur les blogs et forums, d’essayer de décrypter des essais médicinaux indigestes, j’ai fini par me forger mon petit savoir personnel. Des études de médecines incomplètes et accélérées en quelque sorte.
J’ai également pris conscience des impacts de notre environnement sur notre fertilité, et plus largement sur notre santé. C’est peut-être ce qui aura le plus de répercussions à long terme sur ma façon de vivre. Car ce sont bel et bien des habitudes de vie que je change petit à petit. Aujourd’hui je mange majoritairement bio, et je limite ma consommation de viande à une ou deux fois par semaine. Je prends plaisir à marier les saveurs autrement, concocter des plats végétariens qui n’en n’ont pas l’air, découvrir de nouveaux ingrédients. Le changement s’est fait progressivement, et promet de se poursuivre quelque temps encore (voir toute ma vie). J’acquiert chaque jour un peu plus de connaissances en matière de nutrition, santé, mode de vie « sain ». Et c’est un réel plaisir que de découvrir tout ça.
Alors, c’est sûr, j’aurai peut-être eu ce déclic à un moment ou à un autre sans la PMA. Mais le fait est qu’il m’a fallu passer par là pour le comprendre et que pour moi, la PMA restera à jamais le déclencheur de cette nouvelle façon de vivre.

Avec son quotidien chaotique et semé d’embûches, je ne crois donc pas que la PMA nous donne la possibilité de « continuer à vivre normalement ». Je crois par contre que malgré les difficultés, elle a beaucoup plus à nous offrir qu’on ne pourrait le croire. Chaque situation a son revers de médaille, dans le bon sens comme dans le mauvais. Bien-sûr, j’aurai préféré tomber enceinte en C1. Mais puisque ce n’est pas le cas, autant ne pas simplement subir les choses et en tirer avantages en attendant que bébé soit enfin là.

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