Blog PMA

Inofolic et OPK

Juillet 2015 : C18
Il y a un peu moins d’un an, j’ai fait la connaissance de mes ovaires. J’ai appris à les situer avec précision sur mon bas-ventre, et j’ai distingué leur silhouette pour la première fois sur un écran. Des ovaires en ombres chinoises, boursouflés et bosselés. Des ovaires micro-polykystiques.

Depuis, je me suis bien-sûr renseignée, et j’ai cherché à comprendre le pourquoi du comment.
Entre nous, je crois que la première phrase de notre ami Wikipédia résume tout : « Le syndrome de Stein-Leventhal, ou ovaires polykystiques, est une maladie encore mal connue. » Voilà. A partir de ce postulat, on comprend mieux pourquoi rien n’est clair ni simple. Et la phrase énigmatique du Glaçon qui m’avait tant laissée perplexe (« on peut avoir des ovaires polykystiques sans souffrir du syndrome des ovaires polykystiques ») avait en fait le mérite d’être véridique.
Une liste de symptômes plus ou moins courants a tout de même été établie, étant entendu que s’ils sont courants, ils ne sont pas obligatoires (ce serait trop facile). Outre l’aspect particulier des ovaires, certaines ont un problème de poids associé, d’autres de l’acné persistante, ou une hyper-pilosité… Certaines n’ovulent pas du tout, d’autres de manière irrégulière et anarchiste… Il semble exister autant de cas particuliers que de patientes.

Je suis pour ma part ce qu’on pourrait appeler une « petite » ompk. Oui, j’ai des ovaires en nids d’abeille, seulement chez moi, cela a pour unique conséquence de jouer sur la qualité de mon ovulation (une unique conséquence qui pèse toutefois bien lourd quand on décide de faire un enfant, c’est moi qui te le dit).
Depuis plusieurs mois, je cherche donc désespérément le moyen d’améliorer ça. Je cherche à comprendre pourquoi mes follicules se comportent comme de parfaits abrutis : ils se battent au portillon pour grandir et éclore tous en même temps, au lieu de faire civilement la queue et respecter l’ordre indiqué. Résultat ? Le malheureux ovocyte qui réussit à s’extraire de la foule et qui croit être le grand gagnant du mois est en fait tellement épuisé par la bataille qu’il vient de vivre qu’il ne peut assumer sa nouvelle fonction. Il finit donc logiquement écrasé sur un tampax en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pauvre de lui (et pauvre de moi, qui peut toujours attendre pour avoir un jour un bébé).

Il paraît que tout ce bazar serait en fait la faute des hormones LH et FSH. Car en début de cycle, les deux compères seraient responsables de la maturation folliculaire. Des sortes de super nounous qui chaque mois, prennent un seul petit follicule et le bichonnent, le nourrissent, le cajolent jusqu’à ce que l’ovocyte qu’il renferme soit prêt à sauter du nid.
Ce qui soulève une nouvelle question : pourquoi mes hormones à moi ne font-elles pas leur boulot de Super Nanny ?

Depuis plusieurs années déjà, les chercheurs soupçonnent l’existence d’un lien entre insuline et LH.
L’insuline, c’est cette hormone (encore une !) sécrétée par le pancréas, qui nous permet de transformer le sucre en énergie. Lors d’un apport important de glucose dans le sang (c’est à dire lors d’un repas), le pancréas sécrète de l’insuline pour permettre l’entrée dudit glucose dans les cellules et qu’il y soit métabolisé en énergie.
Mais chez certaines personnes (et notamment les diabétiques), on observe une insulino-résistance : le pancréas sécrète de l’insuline sans que celle-ci ne soit réellement efficace. Le glucose ne pénètre plus autant qu’il le devrait dans les cellules, stagnant dans le sang. La glycémie (taux de sucre dans le sang) est donc au plus haut. Cette hausse stimule à nouveau le pancréas, qui sécrète toujours plus d’insuline, sans que cela ne résolve le problème. Et voilà comment on se retrouve pris au piège d’un cercle vicieux : insuline et glycémie anormalement élevée.
Quel rapport avec la fertilité, me direz-vous ? Il se trouve tout simplement que l’insuline joue un rôle majeur auprès de l’hypophyse, la glande qui sécrète notre fameuse LH. Disons pour faire court qu’un taux élevé d’insuline rend malheureusement notre LH un peu barjo.

Le problème pour nous, les opk, c’est que sans être forcément diabétiques, nous connaissons généralement une tolérance abaissée au glucose. Rien de bien vraiment méchant, cela passe en général complètement inaperçu. Sauf pour notre bonne vieille LH, qui ne sait plus où donner de la tête.
Un certain nombre de gynécologues ont dès lors eu l’idée de donner de la Metformine (traitement pour le diabète) à leurs patientes opk. Bien que relativement efficace dans l’amélioration des cycles, ce médicament a toutefois des effets secondaires marqués chez nombre d’entre elles (troubles digestifs importants notamment). Ajouté à cela que prendre un traitement pour le diabète quand on n’est pas diabétique peut apparaître comme quelque peu rebutant… Ce n’est pas parce qu’on est opk qu’on est prête à avaler tout et n’importe quoi !

Et puis, un jour pas si lointain, un petit nouveau nommé Inofolic a fait son apparition sur le marché. Contrairement à la Metformine, il ne s’agit pas d’un médicament, mais d’un complément alimentaire qui associe acide folique (qu’on ne présente plus) et myo-inositol (une molécule naturellement présente dans le corps humain). Cette jolie molécule améliorerait d’une part la sensibilité à l’insuline, et serait d’autre part une composante essentielle du follicule. Un taux important de myo-inositol dans le liquide folliculaire serait en effet garant d’ovocyte de bonne qualité.

Au milieu de toutes les ordonnances raturées du Dc Gentleman, il y avait celle pour l’Inofolic*. Il ne m’a pas expliqué ce que c’était, il m’a juste dit que ce serait un coup de pouce de plus pour améliorer mon ovulation lors de la PMA à venir, à prendre dès maintenant et pour au moins trois mois.
L’idée me plaît bien. C’est vrai que son utilisation est récente, et qu’aucunes études ne prouvent avec certitude son efficacité. C’est vrai aussi que ce n’est pas remboursé, et que cela revient à environ 30 euros par mois (un peu moins si vous l’acheter sur Internet).
Mais je trouve que c’est une piste intéressante. Un espoir pour améliorer un peu les choses, sans prendre pour autant trop de risques : car contrairement à la Metformine, les composés de l’Inofolic me rassurent plutôt : des molécules naturellement présentes dans notre corps, dont on va juste booster un peu le niveau pour espérer améliorer les choses.
Croisons les doigts maintenant pour que cela marche…

*Le Dc Gentleman étant ce qu’il est, il s’est trompé dans les dosages et a indiqué une boite par mois au lieu de deux (c’est en tout cas ce que j’en ai déduit après de longues heures de lecture sur Internet, et qui m’a été confirmé par la pharmacienne à qui j’ai demandé conseils, puis par la notice de l’Inofolic). Sacré Dc Gentleman !

Edit : dans cette même logique d’insuline maîtrisée, j’ai décidé de modifier quelque peu mon alimentation… Par ici le programme pour celles (au féminin j’imagine…) que ça intéresse !

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2 réflexions au sujet de « Inofolic et OPK »

  1. Oui, je sais, je « like » à retardement… mais je n’avais jamais lu cet article (ni entendu parler de l’inofolik) et je trouve très intéressante ta manière de le présenter. C’est dit ! 🙂
    J’espère que ton weekend imprévu s’est bien passé, tant au niveau des injections que des émotions. Des bisous !

    Aimé par 1 personne

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