Blog PMA

Le club des cinq

Juin 2015 : C16J27
Voilà bien longtemps que je ne t’ai pas parlé de mes copinautes. Vous vous souvenez, le club des cinq malchanceuses (ou plutôt quatre looseuses et une normale, notre exception qui confirme la règle). La situation a un peu progressé depuis la dernière fois (mais pas autant qu’on le voudrait).

~ Celle qui venait d’accoucher est une maman comblée et heureuse. Et une copinaute en or, car elle reste là, à notre écoute, alors même qu’elle aurait pu nous lâcher sans autre forme de procès et partager sa toute nouvelle vie auprès d’autres jeunes mamans. Et elle est aussi très cool, pas prise de tête, avec une tendance naturelle à s’émerveiller plutôt qu’à s’inquiéter des faits et gestes de sa fille. C’est honnêtement le genre de maman qu’on rêve toute secrètement de devenir (et cela est dit avec d’autant plus de sincérité que mes copinautes n’ont pas connaissance de ce blog. Va savoir pourquoi, je parle tous les jours avec elles de mes règles et de mes ovulations, mais je n’ai pas réussis à leur caser que je l’écrivais aussi ici).

~ La deuxième (diagnostiquée OPK) est toujours enceinte (Dieu soit loué) mais son Petit Cailloux est un farceur qui gesticule tellement qu’à six mois de grossesse, la voilà condamnée au canapé. Et comme les gens sont parfois vraiment très cons, elle bénéficie d’un entourage particulièrement bienveillant qui la prend pour une chochotte et s’imagine que tout ça, c’est dans sa tête. Ou comment découvrir que les phrases assassines, tu y auras droit aussi quand tu seras (enfin) enceinte.

~ La troisième (diagnostiquée elle aussi OPK… plus on est de fous plus on rit) a vécu de nombreux rebondissements : sa gyneco de ville, effrayée par les résultats du spermogramme, les a envoyé fissa dans un centre PMA en leur prédisant une FIV. Nouvelle quelque peu traumatisante pour qui s’attendait à de petites stimulations ovariennes, amplifiée par le fait que celle qui te l’annonce le fait la larme à l’œil, en se confiant sur sa situation personnelle : elle aussi est en essais, elle aussi sait à quel point c’est dur toute cette attente et tous ces examens… Autant pour la conscience professionnelle. Passes tes nerfs sur tes patients et démoralises-les, ils sont là pour ça (n’étant pas dénuée de cœur, j’imagine bien que pour cette gyneco qui voit passer des femmes enceintes toute la sainte journée, ça doit être l’enfer. Mais un peu de tenue malgré tout ! Ses patients ne sont pas censés lui servir de défouloir !)
Quelques mois (interminables) passent et, enfin, ils décrochent leur premier rendez-vous PMA. Un interne un peu trop sûr de lui leur annonce tout fièrement que non, pas de soucis, une petite stimulation ovarienne suffira ! On va juste faire un deuxième spermogramme pour être sûr. Stupéfaction et lueur d’espoir, tout serait donc si simple ? Euh… non.
Suite aux résultats du deuxième spermogramme, un deuxième interne les reçoit : ça ne va pas du tout, ce sera FIV ou rien. Ma copinaute s’énerve et s’effondre en larmes. Et se reçoit un « bah alors, on est sensible ma petite dame ?! ». Non, elle n’est pas sensible, juste fatiguée et hors d’elle qu’on leur fasse vivre des montagnes russes émotionnelles depuis le début de l’hiver. Elle aimerait bien qu’on arrête de les trimballer de faux espoirs en dégringolades, qu’on fixe une ligne directrice et qu’on leur dise enfin ce qu’il en est, parce que là ça fait des mois qu’ils sont ballotés de droite et de gauche et qu’ils voient les cycles leur défiler sous le nez.
Le médecin chef intervient (enfin). Reconnaissant que ses internes se sont un peu avancés (surtout le deuxième qui avait fondé son compte rendu sur le deuxième spermogramme uniquement, sans jamais se soucier de jeter un œil au premier), il prend les choses en main. Et programme une réunion avec tout le staff pour débattre de leur cas, car des spermogrammes comme ça, il n’en n’a jamais vu. Ils sont tellement différents l’un de l’autre qu’on dirait qu’ils ne proviennent pas du même homme ! Prends-toi ça et ronges-toi les sangs pendant une semaine, en imaginant que ton cas est tellement désespéré que tout un staff doit se réunir pour toi.
Enfin, le verdict tombe (ou pas… car tu vas voir, c’est de plus en plus tordant cette histoire) : il leur faut un troisième spermogramme pour statuer. Héhé. Tu croyais enfin savoir à quelle sauce ils allaient être mangés ? Bien utopiste tu es ! Mais attends, ça n’est pas fini : comme ce nouveau spermogramme donne lieu à un nouveau temps d’attente (puisqu’il faut trois mois minimum entre deux spermogrammes, le temps que dure la spermatogenèse), ils leur laissent le choix : ils peuvent, s’ils le veulent, tenter une ou deux IAC en attendant. Ou pas, c’est à eux de voir.
Je crois qu’à ce moment là ma copinaute était au bout du roulot. Elle avait juste besoin d’une réponse franche et tranchée, et pas d’un « faites bien comme vous voulez ». C’est donc lui qui a statué pour le couple : ils tentent le tout pour le tout, mieux vaut une IAC pour rien que rester encore de longs mois sans rien faire et sans aucun espoir.
Au jour d’aujourd’hui, cette première IAC vient de s’achever. Mal, malheureusement, puisqu’elle n’a rien donné. Ils comptent en commencer une deuxième sous peu, en attendant, encore et toujours, le verdict du troisième spermogramme.

~ La quatrième a elle aussi connu une vie pleine de rebondissements (dont on se serait bien passé, crois-moi). Deux ans qu’ils essaient, et pas l’ombre d’un bébé en vu. Un premier spermogramme moyen pour lui, des prises de sang et échographies tout ce qu’il y a de plus normales pour elle. Rien d’alarmant. Un rendez-vous dans un centre PMA qui sonne comme une lueur d’espoir. Enfin, peut-être, ils vont lever le voile sur cette infertilité inexpliquée.
On leur programme une batterie de nouveaux examens, dont la redoutée hysterosalpingographie pour elle. Elle a peur, elle ne veut pas y aller, elle nous en parle beaucoup. On essaie de la rassurer comme on peut, avec d’autant plus de difficultés pour celles qui y sont passées que nous en gardons un très mauvais souvenir… On lui répète malgré tout en boucle que chaque femme est différente et que le Net regorge de témoignages positifs. On est tellement préoccupé par cet examen à venir qu’on ne remarque pas qu’elle a dépassé la date de ses règles, elle qui est pourtant réglée comme une horloge suisse.
Trois jours plus tard, la nouvelle tombe : elle est enceinte. Elle en pleure de joie, et nous avec. Plus de deux ans qu’elle attendait ça ! Et pour nous, qui attendons encore, c’est la preuve ultime que les miracles existent. C’est notre espoir dans la tempête. Oui mais voilà, le lendemain, des traces de sang. Puis ce sont plus que des traces. Une deuxième prise de sang en urgence, et la nouvelle tombe : le taux est déjà en train de chuter, fausse couche précoce. Elle pleure toutes les larmes de son corps, et nous avec encore une fois.
Elle se remet doucement. Est un peu inquiète que tout ça, par dessus le marché, ait déréglé ses cycles parfaits. Redoute à nouveau la fameuse hystero, reprogrammée au prochain cycle.
Arrive la date fatidique : pas de règles, à nouveau. Elle n’ose pas envisager le meilleur, alors même que les symptômes sont là : ses seins, dignes du célèbre sketch de Florence Foresti, sont tapissés de veines bleues. On lui enjoint de tester, mais elle ne peut y croire, elle ne peut pas être enceinte deux fois de suite après plus de deux ans d’attente ! Elle finit par le faire : c’est positif. Cette fois, pas de fausse joie, le taux s’envole. Elle enchaîne les prises de sang pour se rassurer, et il est toujours plus beau, toujours plus haut. Elle est aujourd’hui enceinte de quatre semaines, et c’est notre petit miracle à nous.
Cerise sur le gâteau : l’hystero restera pour elle à jamais une menace lointaine, à laquelle elle aura échappé de peu.

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