Blog PMA·Stimulation 5

Santé, fertilité et humanité

Avril 2015 / C14J19 : Stimulation 5
Il y a quelques mois, et avant même de connaître les résultats de nos examens, le Glaçon a abordé un sujet qui depuis ne cesse de me préoccuper. Notre hygiène de vie, et son lien indéfectible avec notre santé et notre fertilité.

Elle m’a tout d’abord vaguement expliqué que si les hommes ont leurs organes reproducteurs en extérieur (contrairement à nous, les femmes, qui les avons bien cachés au fond du ventre), ce n’est pas juste pour frimer : c’est parce que leur petite production personnelle supporte mal la chaleur. Evidemment dans ses conditions, les 37°C ambiants du corps humain ne sont pas très appropriés… Pour que les spermatozoïdes se portent au mieux, il faudrait donc autant que possible les laisser au frais : Messieurs, qu’on se le dise, si vous voulez avoir un enfant un jour, évitiez de mariner quotidiennement et pendant des heures dans un bain trop chaud, de porter des pantalons et sous-vêtements ultra-serrés, mais aussi les sports « écrasants » (type vélo), et le fait de passer des heures avec une source de chaleur sur les genoux (se vautrer en rentrant du travail sur le canapé, la tablette ou l’ordinateur portable pile sur les coucougnettes n’est donc pas une très bonne idée).
Le reste des conseils s’adressait au couple, et pourrait se résumer simplement par le fait d’avoir une vie aussi saine que possible. Ce qui sous-entend manger équilibré (on le fait à peu près), faire du sport (Psychoti le fait pour deux), ne pas fumer (là dessus, on est ok), ne pas boire (heu… boire modérément, ça marche aussi ? Parce que bon, ne pas être enceinte mais ne pas avoir le droit de boire, ce ne serait pas un peu ironique comme situation ?!) Et là, le Glaçon d’ajouter : ça veut dire aussi manger bio.

Manger bio ? Et voilà, me suis-je dit, ça m’apprendra à vivre dans un coin de la France empli de bobos illuminés. Elle va sûrement ajouter que de conduire fait tourner mes ovaires à l’envers, en conséquence de quoi il faudrait sérieusement que je me mette au vélo (mais pas Psychoti, rapport à ses coucougnettes facilement écrasables).
Il faut dire qu’en matière d’alimentation j’avais jusqu’à présent toujours adopté la politique de « l’autruche sceptique ». Je ne m’étais jamais vraiment intéressée à comment les choses arrivaient dans mon frigo. Je les cuisinais, faisais des menus équilibrés, mais sans me demander d’où tout cela provenait. J’avais dans la tête de vagues images de fermes idylliques, trop belles pour être vraies, mais dont je me contentais.
Bien-sur j’avais eu écho des scandales de l’alimentaire, allant de l’utilisation massive des pesticides à la maltraitance de certains animaux. Mais tout ça relève de l’exception, non ? Alors le bio… C’était sans doute une vaste arnaque de plus visant à nous faire payer encore plus cher ce qu’on pouvait se procurer au juste prix.

Voilà ce que je pensais il y a encore quelques mois. Sauf que depuis, j’ai sorti la tête du sable. Je me suis renseignée. J’ai lu un tas de livres, parcouru le Net, regardé des reportages, et beaucoup réfléchis. Je me suis posée de vraies questions, de celles que j’évitais soigneusement de me poser depuis qu’enfant, j’avais réalisé que manger de la viande revenait à manger des animaux.
A ce sujet tout d’abord : j’ai été la première surprise en réalisant que l’idée de « manger des animaux » ne me dérangeait pas plus que ça. Est-ce parce que c’est une habitude sociale et culturelle si solidement encrée qu’elle ne peut plus me choquer ? Ou parce que l’Homme, comme l’affirme tant de philosophes, ne serait qu’un animal comme les autres, qui aurait sa juste place de prédateur au sommet de la chaîne alimentaire ? Ou simplement parce que devenir végétarien impliquerait trop de contraintes, trop de changements, trop de bouleversements dans nos vies pour que je l’envisage ?
Sûrement un subtil mélange de tout ça. La question est complexe, et personnelle à chacun. A laquelle je suis heureuse d’avoir enfin réfléchie. Ma position changera peut-être au cours de ma vie, mais à ce jour j’assume pleinement mon régime d’omnivore.

Reste la question du bio, qui en soulève en fait plein d’autres.
J’ai découvert au file de mes lectures une industrie agroalimentaire qui marche sur la tête. Qui porte préjudice à notre planète, aux animaux que nous élevons, et bien-sur à nous-mêmes. J’ai découvert que si je peux cautionner le fait de manger de la viande, je ne peux pas le faire quand il s’agit de cette viande-là. J’ai découvert que ce que je croyais être l’exception est en fait la règle.
Car la viande française est dans 90% des cas issue de l’élevage industriel. Cet élevage qui entasse ses animaux, les « soigne » de manière préventive à coup d’antibiotiques permanents, leur inflige souffrances et tortures quand sonne l’heure de abattage. Cet élevage qui semble tout simplement inhumain, alors qu’il a été conçu par l’homme.
Concernant les cultures (légumes, céréales et autres), le constant n’est pas plus réjouissant. Au moins, me direz-vous, pas de souffrances ni tortures. Certes. Mais du point de vue de la santé, les pesticides occupent le haut du terrain, et les antibiotiques qui ont nourris nos animaux d’élevage se retrouvent dans nos eaux, et dans notre terre. Puis dans nos assiettes.
Et si nous regardions maintenant du côté de la fertilité (puisque c’est de ça à la base dont il s’agit) ? Le constat est malheureusement sans appel : jamais le nombre d’infertiles n’avait été aussi élevé en France. Situation que l’on retrouve dans tous les pays dits développés. Dans le viseur des chercheurs et sans surprise, nos modes de vie : pollution, sédentarité et alimentation (saviez-vous  par ailleurs que le soja est soupçonné depuis plusieurs années déjà d’être un perturbateur endocrinien – et donc par ricochet de perturber le bon fonctionnement de nos hormones ? De quoi relancer le débat quant à devenir végétalien…).

Face à ce constant affligeant, il n’y a pas cinquante solutions :
~ continuer à faire l’autruche
~ devenir végétarien, voir même végétalien (penchez-vous à l’occasion sur le sort des poules pondeuses, vous ne serez pas déçus), voir en fait ne plus rien manger du tout
~ changer de vie et produire soit-même ce que l’on mange
~ se tourner vers « moins pire », à savoir le bio.

Je dis « moins pire », car je reste lucide. Je sais que l’agriculture biologique est régulièrement secouée par des scandales, des infractions sévères à des règles qu’elle a pourtant elle-même édictées. Que le sort des animaux, même bio, ne fait pas toujours rêver (toujours nos poules pondeuses… entre autres). Que les cultures, même bio, ne sont pas garanties 100% naturelles.
Malgré tout, cela me semble être la solution la plus acceptable. Alors, même si c’est cher, même si cela implique quelques changements dans notre organisation domestique, j’ai décidé de m’y mettre. De suivre les conseils du Glaçon. Car il s’agit autant ici de préserver sa santé et sa fertilité que de pouvoir regarder son assiette en face, sans voir son humanité s’effriter.

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